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Au
coeur de l'hiver
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Mont-Laurier, Laurentides>
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Mi-janvier, pour une
fois que les conditions sont bonnes pour voler, profitons en pour une
escapade plen Nord, dans les laurentides, jusqu'au petit aéroport
de Mont-Laurier; 3 toulousains à bord.
Vents, soleil et neige
étaient au rendez-vous: un vrai vol d'hiver!
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Arrivés
à 9:40 au club (mes passagers Toulousains ayant fêté
un peu trop tard aux Deux Pierrots la veille), un timide soleil
perçait déjà les nuages et annonçait
une belle journée d'hiver, même pas froide : -5°C
au sol. Malheureusement, et parce qu'il faut toujours quelque chose
pour contre-carer nos plans, c'est le vent qui jouait les trouble-fête,
annoncés pour 280° 20kt rafales à 30kt dans un
TAF de St Hubert. Philippe, le chef pilote, avait du coup cancellé
les vols, et il fallut beaucoup de négociations au téléphone,
ainsi qu'un confortable délai d'attente pour finalement avoir
l'autorisation de décoller. La piste 28 étant en service,
en plus de la 24R, la composante de travers (limité à
un ridicule 15kt sur ces maudits Cessna) pouvait être quasiment
annulée en optant pour cette piste.
Bref, une longue prévol plus tard, accompagnée de
nombreuses explications techniques pour faire patienter nos amis,
nous étions en selle à 12:00 pour partir vers le Nord,
dans un avion bien réchauffé par la chaufferette qui
fonctionnait depuis notre arrivée. Pour une ride d'envrions
3H, nous avions décidé d'aller dans les Laurentides,
direction Mont-Laurier, avec un détour à St Donat
voir l'état de la piste, et éventuellement à
la Macaza (Mont Tremblant) pour changer les places des passagers.
Plan de vol VFR (avec escale de 2H prévue), et le départ
s'effectue finalement en 24R, sans le moindre soucis, les vents
ayant molli un peu.
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Les
Laurentides recouvertes d'un frêle manteau de neige fraîche
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Sortie Nord, passons
avec le Terminal pour 2500ft, qui nous oriente pour éviter
un Airbus d'Air Canada en finale sur Dorval. Verticale Mascouche
(avec toujours le risque de quelques élèves qui emplafonnent
le Terminal), et Pascal prend les commandes pour se diriger sur
St Donat. Les Laurentides arrivent, ça secoue un peu sur
les montagnes. Le sol monte. Nous aussi, finalement, juste avant
St Donat pour éviter quelques turbulences de trop à
notre passagère. Belles trouées dans les nuages, et
nous passons on top, 6500ft. Les babillage sur 126.7MHz ne nous
concernent alors plus trop, et nous pousuivons notre route par le
Mont Tremblant, puis directe Mont Laurier grâce au NDB. Les
vents de face sont forts, très forts. 70kt de vitesse sol.
On se traine... Mais au moins, le vent est bien de face (325°),
même s'il souffle à 40kt. Entre les nuages, les Laurentides
se dévoilent, magnifiques. Les lacs enneigés, pour
la plupart gelés, donnent à ces paysages une lumière
splendide. Les ski-doo ne s'y trompent pas trop, cependant, car
les risques de cassure de la glace sont sérieux avec le redoux
que l'on vient d'avoir.
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La
piste de St Donat
Mont
Termblant, à travers les nuages
Village
de Tremblant
Pascal
et Olivier
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Après plus
d'une heure et demie de vol, nous finissons par atteindre Mont Laurier.
Peu avant, nous étions repassés sous la couche, craignant
qu'elle ne se soude avant notre arrivée. Sous les nuages,
de curieux phénomènes se passaient: sous notre aile
gauche, on voyait parfois une très fine neige tomber à
travers les rayons de soleil. Check de givrage : aucun. A travers
le pare-brise: rien. Sous l'aile droite : rien. Une micro chute
de neige scintillante semblait longer notre aile gauche. S'arrêter,
puis recommencer. Puis disparaître enfin, sans nous laisser
d'indices sur ce curieux phénomène.
Finalement, en vue du Mont Laurier, on s'annonce sur 122.8MHz, et
plusieurs traffics font de même. En auto-infromation, nous
enquillons la vent-arrière 26, les vents favorisant manifestement
cette piste, sur laquelle 2 avions atterrissent avant nous. Finale,
nous nous alignons. Courte finale, un doute s'installe : «pourquoi
la piste est-elle toute blanche? C'est juste une impression ou quoi?
Elle est où la sphate??» J'ai failli poser la question
par radio... mais semble-t-il, cette situation paraît normale
aux locaux qui y atterrissent sans mot dire. Pourtant, j'avais appelé
le terrain avant de partir, et ils m'avaient dit que la déneigeuse
était en train de passer, que tout serait fini d'ici une
demi heure. Faut-il croire que le travail n'a pas été
fait, ou que c'est ici ce qu'ils appellent une «piste déneigée»?
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Courte
finale sur Mont Laurier (CSD4) : elle est où la piste???
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Bon, je pose délicatement
les roues sur cette surface encore inconnue à mon expérience
de pilote
(ça complète l'herbe des Mureaux,
les prés salés d'Avranche, la latérite d'Abéné,
et les graviers de l'Ile aux Coudres) Tout a l'air correct, même
si le stress est extrême. Décélération
douce, douce... mais à la moindre pression sur les freins,
l'avion part de travers! vite, on relache tout, un peu de pied pour
compenser... Par chance, le vent est exactement dans l'axe de la
piste, donc pas trop de risque de se faire éjecter en glissade.
Mais le freinage semble interminable. L'entrée du taxiway
passe sur notre gauche, et finalement nous nous arrêtons,
quelques mètres plus loin, sains et saufs, sur la piste.
Ouf! Demi-tour, et on dégage la piste, trouve un spot pour
y parker l'avion, et laisse retomber la pression.
Nous y sommes, le soleil brille sur la neige qui recouvre le sol.
Toute le monde est ravi d'être ici, et je le suis doublement
après avoir passé ce petit coup de stress. Premier
pas au sol: Ca glisse en tararouate!!! Le sol est recouvert d'une
pellicule de glace recouverte de neige. Je comprends que la piste
puisse être glissante...
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Tarmac...
enneigé et glacé
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C'est le temps
de manger quelque chose, et nous trouvons juste en bordure du petit
aeroclub un petit restaurant qui fera l'affaire (c'est local et
modeste, certes, mais nous sommes tout de même à Mont
Laurier, à 200km au Nord de Montréal en plein coeur
des Laurentides). Par la fenêtre, nous voyons les avions du
coin, pour la plupart sous la neige attendant le dégel. L'activité
est pourtant assez soutenue malgré la neige, et plusieurs
Cessna prennent leur envol, dont l'avion école; visiblement,
les élèves sont habitués à la neige...
Skidoos et 4 roues passent devant le terrain, et nous avalons notre
repas devant l'édition de la veille du Journal de Montréal.
Pour 3 Toulousains en visite, il faut du "local", du vrai!
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Casse-croute
local
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Après une
petite ballade autour du club, nous décidons de reprendre
l'air pour profiter des derniers rayons de soleil de la journée,
ainsi que des vents favorables qui nous portront jusqu'à
Montréal. Si nous attendons trop, ils risquent de tomber
et l'on ne rattrapera pas au retour le temps perdu à l'aller.
La mise en route et les essais moteurs se font sans problèmes,
bien que les roues soient sur de la glace et de la neige. On reste
vigilants. Remontée de la 26, doucement, en essayant d'apprivoiser
cette surface. Décollage tout en douceur et sans histoire;
à mesure que les filets d'air prennent l'avion, on sent les
contrôles réagir et la maîtrise de l'engin revenir
à la normale. Soulagement.
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Retour
sur Montréal au soleil couchant
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Nous montons vers
5500ft, et repassons au dessus de la couche, que nous savons très
morcelée vers le Sud. Le soleil couchant est splendide au
dessus des nuages, et ses derniers rayons éclairent le sol
d'une lumière rasante. Bientôt le ciel s'boscurcit,
et la couche de nuages disparait avant de passer le VOR de Mirabel
YMX. Le Terminal nous reprend, et programme notre descente. Verticale
de Mirabel, puis verticale des seuils 24 de Dorval, tandis qu'un
A310 arrive en courte finale 24R. Tour de ville gracieusement autorisé
à 1500ft, et après quelques évolutions au dessus
des buildings avec virages 60°, nous sommes au dessus du pont
Victoria pour rentrer à St Hubert.
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Mirabel, dans un dernier
rayon
Dorval,
verticale des seuils 24
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Nous choisissons
une 24R, mais malheureusement le timing n'est pas des meilleurs,
et nous nous retrouvons numéro 3 derrière le Boeing
de P&WC qui rentre à la base par une longue finale. Longs
circlings en fin de vent arrière sur recommandation du contrôleur,
et finalement nous disposons d'une petite fenêtre pour nous
insérer dans le trafic (gagnant une place sur l'autre avion
parti trop loin). On arrive en finale quand le Boeing finit de backtracker
la piste. On a ses phares dans les yeux, et aucune assurance qu'il
va avoir le temps de sortir par le taxiway Juliet avant notre arrivée...
mise en garde du contrôleur pour la turbulence de sillage...
Et nous posons les roues sur la piste enfin claire, pour un bel
atterrissage en douceur dans la nuit. (bien mieux que les démonstrations
un peu rudes faites 2 jours auparavant au même endroit avec
mon instructeur!)
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Et
un dernier tour de ville
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3.3H
total au compteur. Tout le monde est ravi, même si la fatigue
pèse sur les visages. On remplit les papiers, rassure Philippe
au passage et l'on s'en retourne sur Montréal, des images
de vol plein la tête.
Pour une introduction à l'hiver, c'en était toute
une!
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