6. Terre Neuve - Fogo
< Au bout du monde >

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On quitte désormais la région du Gros Morne et son relief étonnant. Mais pour aller où?
Gander? Pas grand chose à y faire. Tout juste un refuel.
St John's? Ca fait tout de même un sacré détour...
Qu'est ce qu'il reste comme aéroport?
Ah tiens, ce cercle sur la carte, c'est quoi? Fogo. Jamais entendu parlé. On ne l'avais même pas vu en préparant la navigation depuis Montréal. Une île perdue au Nord-Est de Terre Neuve. Mais Terre Neuve, c'est déjà le Nord Est de toute l'Amérique du Nord, le boute du boute...

Aller, trêve de discussion, on va y faire un tour. Au pire si on ne peut pas se poser, on ira sur Gander. Et puis de toutes façon, on a envie d'aller voir toujours plus au Nord si des icebergs s'y cachent. Alors du coup, c'est sur notre route!

 

Deer-Lake / Fogo
1:30
Fogo / Gander
0:45

Normalement, les icebergs, ils dévalent les côtes du Labrador, et longent Terre Neuve. Même au mois d'août, on en voit assez régulièrement.

Normalement. Parce que comme par hasard cette année, niet, nada. Pas la queue d'un. Paraît que même au Labrador où ça pullule, il n'y en a quasiment aucun. On tient ça de 2 québécoises qu'on rencontrera à Miquelon, sur leur vélo, et qui venaient de passer quelques jours au Labrador. Oui oui, toujours en vélo. Pourquoi pas me direz-vous? Montées sur le pouce par des truckers compatissants, elles se sont tapé un bon bout de brousse à la force des molets au Labrador, région inhospitalières s'il en est. Chapeau les filles. Surtout qu'ensuite, elle ont enchaîné avec la traversée de tout Terre Neuve, pour finalement se retrouver à Miquelon pour je ne sais quelle raison. A ce niveau anyway, la raison n'a que peu à voir dans l'histoire...

Donc, tout ça pour dire que la chasse aux icebergs s'est soldée par on constat d'échec. Peu importe, ça fera toujours bien rire les habitants de Fogo quand on leur racontera pourquoi on se retrouve chez eux!

 

 


Malgré nos efforts et au prix de quelques mirages, on a beau longer toute la côte Nord de Terre-Neuve, rien ne se montre.
Tant pis. Les nuages jouent une harmonieuse danse dans le ciel, et c'est toujours ça de pris. A gauche, l'océan infini et glacial qui mène au Groënland, A droite, Terre-Neuve, rocailleuse et hostile. Ça aide à replacer les photos dans leurs contexte.

 

   

 

Au Nord de Terre Neuve

 

 

Au bout des terres... mais pas d'icebergs

 

 

Une autre île en vue

 

 

Villages du bout du monde

 

 

Fogo. Son île, son climat, son airstrip. Difficile d'imaginer terrain plus isolé.
Encardrement plus qu'intégration de circuit (qui m'en voudra?), un rapide survol des environs nous donne tout de même une idée des trajets qu'il va falloir faire sur le pouce pour rejoindre un village.
Jolie finale au ras de l'eau qui borde le seuil de piste, et nous voilà posés. (NDLR : je tiens à rassurer mes lecteurs, une finale conventionnelle sur 3° (autrement appellée atterrisage boing) donne obligatoirement l'impression d'effleurer les vagues)

Embouteillage sur le parking; non je déconne. si on fait la somme de tous les avions qui ont dû se poser en 1 an, je suis sûr qu'ils tiennent tous - et ce n'est pas que le parking soit bien grand...

Pas de tour, pas d'AFIS, pas de pompe, et même pas un aéroclub. Rien. Juste 2 lests dans le fossé pour faire tenir le coucou sur le tarmac pendant la nuit. Le strict minimum. Et pourtant la piste est nickel. Un bon 800m, parfaite, et même éclairée! Que demande le peuple?

Sitôt atterri, on fait nos sacs pour la soirée; et une voiture s'arrête devant la grille. 5 minutes. Toujours là.
Bon, on se décide à aller discuter un peu savoir ce qu'ils veulent. Après décodage (le NewfoundLandais profond version insulaire, j'ai encore du mal) Ce sont 2 braves retraités qui sont en fait venus au nouvelle. Paraîtraît qu'ils ont vu un avion se poser. Vous êtes sûr?

«We saw a plane landing. We though there was an emergency»

Cette phrase, hors contexte, peut être dure à saisir. C,est finalement en voyant l'acharnement avec lequel ces 2 personnes vont nous montrer le NOUVEL hôpital de l'île que l'on comprendra le sens de leurs propos.
En fait, le seul avion à se poser en tant normal sur cette piste, c'est l'avion médical qui vient chercher quelqu'un en urgence. Village, insularité et rides sur le front aidant, un tel potin fait leur journée. Un peu comme celle de Paris Match est faite quand le vieux Jacquot a le coeur qui flanche ; toutes proportions gardées). Sauf que là, on les a bien eu sur ce coup là! C'est juste 3 péquins en parfaite santé qui ont vu un rond sur leur carte. Et comme personne n'a répondu au téléphone ni à la radio, ils sont venus jeter un oeil.

 

   

 

"Airstrip" de Fogo
Elle est où la tour???

 

 

Un bon spot de camping en vue...

 

 

«we saw a plane landing,
we thought there was an emergency...»

 

 

Anyway, ça nous apporte un lift au pied levé, c'est toujours bon à prendre! Alors cessons de nous moquer de ces braves habitants de Fogo, et en voiture Simone!
«Where do you go?» Nous demandent-ils. Haussement d'épaule.
A votre avis?

A L'apéro-bar bien entendu!
Bon, où se trouve le village, le port?
Ah, désolé, mais notre lift s'arrête à L'hôpital. A sa visite je veux dire. Parking désert d'ailleurs. De la place pour 80 voitures. C'est à l'image des chambres j'imagine. De quoi faire face à Katrina, une fête populaire Chiite, ou une réunion du G8 encadrée par les militaires de Beslan. Mais je m'égare.

Un second lift finit par nous emmener au Village, au Port. Une fille bien sympa, originaire de l'île, mais qui étudie à St John'S. Elle revient sur l'île pour ne pas rater le célèbre festival estival de Fogo. Vraiment populaire paraît-il. Tiens, question inutilement moqueuse (vous savez bien que c'est juste pour vous faire rire) : Combien Google donne de résultats pour une recherche sur cet événement annuel?

En attendant, un autre événement anime le village : la partie de Baseball bien sur! Délicieusement surréaliste, avec des parfums de «La Grande Séduction», ce rendez-vous des gars du village en tenue bigarrée, loin des clichés marketings et télévisuels, nous offre un spectacle vraiment inattendu. Qui ne nous aurait peut-être pas fait sourire ailleurs. Qui ne nous aurait certainement pas fait autant réfléchir ailleurs, non plus.

 

 
   

 

Dans une galaxie loin de chez vous

 

 

Partie de baseball

 

Un style bien à part!

 

 

VIDEO

Durée 0:19
Taille 15.2Mo

 

 

Good game!

 

 
   

 

Puis avec le soleil qui descend sur l'horizon, nous retournons au village par la plage de galets. Chaque maison renvoie une couleur chaleureuse et rude à la fois. Un peu comme le climat qui doit beigner cette île perdue au Nord.
au détour des perrons, des discussions se lancent. C'est qu'on ne passe pas vraiment inaperçus ici. Notre avion non plus, si bien que la curiosité permet de franchir le pas qui nous démarque d'autres (éventuels) nouveaux venus sur l'île.

 

 
   

 

Le stricit minimum

 

 

Au milieu des rocs,
herbes et maisons égaillent les paysages


 

Un beau soir d'été dans ce village isolé

 

 

Chaleureux et rude à la fois

 

 
   

 

A la recherche d'un restaurant pour compléter la soirée, tous les avis que lOn peut glanner convergence : LE RESTAURANT CHINOIS! Oui, on aurait a priori plutôt chercé un bon reso de poisson, fruits de mer ou je ne sais quoi. Quelque chose de tüpisch, de local. Mais non, rien. De toutes façons, la plupart des échoppes sont déjà fermées. Ferment à 18h00, et comme il y a 1:30 de décalage avec Montréal... on se fait vite avoir!
(pour faciliter les choses, nous avions gardé nos montres à l'heure du Québec, UTC+4).

Mais au moins 4 personnes nous ont indiqué le chinois. Alors allons-y, au moins c'est inattendu!
Improbable gargotte jouxtant le cimetière, on pénètre dans la salle du restaurant. Etrange. Le temps d'un aller-retour au dépanneur du coin (dont bien 3/4 des produits sont en rupture de stock), dont la caissière poussa le vice jusqu'à me demander mon ID card (c'est gentil de me donner 10 ans de moins!), on emporte nos repas pour aller les manger aux abords de l'église (pour se protéger du vent plus que pour reçevoir le corps du Christ).

Et puis le soleil disparaissant, c'est la difficile quête du'un lift de nuit à laquelle on doit s'attaqué, restant sur la mauvaie surprise des Iles de la Madeleine passé 21h00.

 

 
   


Habillés en conséquence
Mais attention aux moustiques,
mouches noires et mouches à chevreuil!


Le retour des cowboys volants
Ils reviennent, et ils sont pas contents!

 

 
   

 

C'est finalement en faisant le forcing à la station essence qu'on finit par décrocher un lift par un bon gars qui chauffait un gros pickup des familles. Il nous reconduit à l'aéroport, un peu héberlué par notre apparition. (et nous bien satisfaits de la sienne)

Le soleil a déjà depuis un moment disparu derrière l'horizon, mais une envie soudaine de le faire se relever nous prend. Avant de monter la tente, pourquoi pas s'offrir un petit vol de nuit et profiter encore un peu de quelques minutes intenses sur cette île du bout du monde?
C'est parti, le temps de faire chauffer le moteur et de tester l'ARCAL, on s'élance sur la piste illuminée.
Spectacle magique, des couleurs saisissantes qui percent la nuit. Un horizon dense de couleurs profondes. Trop tard pour revoir le soleil, mais le moment idéal pour faire survivre son couché sur la mer du grand Nord. Au sol, quelques lumières scintillent encore. Quelques maisons sur l'île qui prolongent jeur journée comme on prolonge notre liste de souvenirs.
A part peut-être à Gander, pas un autre avion à des centaines de km à la ronde pour profiter de ces instants.
C'est là qu'on mesure la chance qu'on a d'être là où on est, avec ses amis, un avion entre les mains et l'esprit libre.

 

VIDEO

Durée 0:18
Taille 5.7Mo

 

Par précaution, je maintiens la piste allumée, et toujours en contact visuel. De toutes façon, pas facile de la perdre de vue! Finalement on rentre, heureux de ces quelques minutes volées. Atterrissage, remballage de l'avion. Puis on on sort la tente et on va s'installer en bout de piste, tout près du lac, un spot qu'on avait repéré en atterrissant l'après-midi.
Toujours à la lumière du balisage de piste, on s'installe gentiment sur l'épaisse mousse sèche qui recouvre le sol. Une fois les bière éculsées, les chips terminées et les étoiles majeures repérées (pas toujours facile étant donnée la clarté inégalée du ciel qui nous révèle à l'oeil nu des millions de coprs célestes), on peut rester allongés dans la douceur du soir à regarder passer comètes et satellites, en respirant l'air pur.

«Il reste un peu de bonheur, je vous le met quand même?»

 

 
   


 

Vol de nuit


 

 
   

 

Départ de Fogo le lendemain aux aurores. Gander est à moins d'une heure de vol, on va pouvoir ravitailler, normalement dans de meilleures conditions qu'à Deer-Lake.
En effet, une énorme piste nous attend, un aéroport surdimensionné pour le pays. C'est que pendant longtemps, Gander servait d'étape aux gros porteurs qui reliaient l'europe à l'Amérique.

Juste dans nos fesse un trafic s'aligne en finale. Puis atterrit, et roule jusqu'au parking devant nos yeux grands ouverts :
Un C17 de l'US Army.

Après avoir réussi à réveiller le pompiste de Deer-Lake (qui dormait su'a switch comme on dit icitte), on fait le plein et on s'occupe des douanes. Très accomodants, il suffira apparememnt de prévenir la Tour de St Pierre et il n'y aura pas de soucis. Fine. Alors on remet les gaz et on repart plein Sud!

 

 

 
 
 

 

Disproportions

 

Tu vas t'en sortir, Washington...

 

 

Garez vos fesses

 

 

On repart aussitôt. Pas question de traîner, on a encore du chaemin. D'abord pour arriver à St Pierre. Et ensuite pour rentrer au bercail, à plusieurs milliers de kilomètre d'ici...

Traversée de l'Ile de Terre Neuve par le centre. Rien à perte de vue. Même pas la queue d'un orginal. Pourtant on n,a vraiment rien d'autre à faire que d'observer tout mouvement suspect au sol. Bon, ok, tout mouvement... tout court. Peut-être vole-ton trop haut? Bah, j'ai pas trop envie de voler vraiment très bas non plus, étant donné l'hostilité de la région. Avec le recul, je regrette un peu de ne pas avoir essayé, mais c'est sûrement mieux ainsi.

 

 

 

Lacs, forêts et prairies
Essayez donc de vous repérer!

 

Quelques nuages se joignent à la fête

 

 

Derrière, Andy pique un petit somme. C'est que l'intérieur de Terre Neuve est un peu momotone, et le trajet est encore long pour descendre vers la France...

 

C'EST TOUT POUR AJOURD'HUI
STAY TUNED, MIQUELON ARRIVE SOUS PEU!

 

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