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5.
Terre Neuve - Gros Morne
<
Terraforming au gré des éléments >
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4h30. On ouvre un oeil.
Les innombrables mises en garde contre le temps aux Iles de la Madeleine
nous laisse une petite angoisse sur le temps à venir...
Ouf, c'est volable. Un peu nuageux, mais les plafonds sont hauts, et les
vents exactement dans notre dos pour continuer vers Terre Neuve. La FSS
nous demande de lui faire des compte-rendus météo en route
: en gros, personne ne sait de quoi a l'air le ciel dasn ces coins-là,
alors on va servir de ballon sonde...
On ne perd pas de temps, on plie la tente et on met les voiles - le spi
en l'occurence : 30kt dans le cul, ça aide. D'un coup Terre Neuve
paraît un peu moins loin. Ca tombe bien, car pas de refuel possible
aux Iles de la Madeleine. Enfin, disons qu'il faut le prévoir bien
à l'avance, commander une livraison spéciale... autant dire
que c'est plus compliquer que pour un pizza.
Iles de la Madeleine
/ Deer Lake
1:30
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Malgré nos 260km/h sol,
l'océan nous paraît bien vaste. Tiré par le VOR
de Stephenville, on apprécie tout de même de voir enfin
la côte de Terre Neuve sur notre droite. En vol maritime, on cherche
toujours la Terre - du moins en VFR monomoteur (à choisir je
préfère l'accrobranche au spa thérapeuthique).
Mais les ombres des nuages nous jouent bien souvent des tours et nous
procurent de fausses joies.
Pourtant cette fois on en est sûr, c'est Terre-Neuve. Dans son
cocon de brune, l'austère continent se dévoile doucement
: sombre, profond, aux profils tourmentés, aux espaces vierges
illimités.
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Océan,
et îlot de lumière
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Stephenville apparaît au
fond du golfe. Pas une goutte de pétrole pour nous m'avaient-ils
prévenus. Mieux vaut avoir pris ses précautions. Mes dizaines
de coups de fils ont été payants, puisque j'avais réussi
à négocier pour pouvoir refueler à Deer-Lake. Pas
facile cependant. C'est en fait l'école d'aviation de Gander qui
a une base détachée à Deer-Lake (prix spécieux
pour les orignaux), et qui serait prêts à nous aider. Car
depuis avril 2005, plus personne ne distribuer d'AVGAS ou de MoGAS sur
ce terrain. «Pas rentable». Shane Kelly, le chef pilote de
la place, dois nous accueillir et gérer ça avec nous. Eh
bah on arrive!

Passé Stephenville, on
a la surprise d'être assailli de trafics dans le poste. Bon OK,
le terme "assaiili" est un peu fort. Disons qu'on a enfin quelqu'un
qui nous répond, et même 2 avions qui devraient bientôt
entre en visuel. Du jamais vu depuis... notre décollage de St Hubert,
12 heures de vol plus tôt!
ce sont 2 avions écoles de Deer-Lake, avec notre ami Shane à
bord de l'un d'eux. premier contact un peu rude avec ... l'aile du 1er
coucou. Non, je déconne ; avec la parlure des Newfies. Je crois
que je préférais encore Halifax infos! «Quelqu'on
dans l'avion a compris ce qu'il voulait? Non? Bon... euh... Roger... Bah,
je vais leur refaire un beau compte-rendu de position en anglais du continent,
avec mes intentions et toute la sauce et ça devrait glisser!»
On finit par voir les 2 points dans nos 10h, à un bon 5 nautiques.
J'espère qu'on aura autant de chance pour voir des orignaux...
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Stéphenville, déjà
derrière nous
Terre Neuve, sous un ciel burmeux
Relief tourmenté, lacs
et forêts
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En intégration du circuit,
onconstate que dans la vallée, les vents en altitude sont exactement
opposés à ceux au sol. Curieux. On oublie donc la longue
finale pour une classique vent-arrière et une base bien serrée.
Toujours. C'est comme le café.
Sur le tarmac surpeuplé (lol) on s'arrête non loin d'un vieux
canadair préhistorique.
Dépaysé, on se sent pourtant un peu chez soi. On est attendu
ici, et on attend quelqu'un. «Shane will touch the ground in precisely
20 minutes!» OK, on va tranquillement se préparer à
affronter cette terre inconnue...
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Deer Lake!
Etape de base
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Après avoir fait un peu
de ménage dans l'avion (ça devient vite le bordel dans la
soute et sur le 2d siège passager) Shane arrive, un gros accent
des NFL (New Found Lands) en étendard. Et là, le son de
cloche est différent qu'au téléphone (même
si accent est toujours aussi épouvantable). Les dirigeants de sa
compagnie à Gander refusent qu'ils nous revende la moindre goutte
de MoGAS. Paraîtrait que c'est interdit de vendre de l'essence sans
license. Et c'est ça qui les arrête???? Pas assez crosseurs,
ça les perdra... Pis en attendant, ça n'arrange pas nos
affaires. Le coin est sympa, mais on est quand même censés
ramener l,avion en fin de semaine...
Tout ce que Shane peut faire - et vraiment c'est parce qu'on est des touristes
ma fois bien sympathiques - c'est nous prêter des jerrycans pour
qu'on aille faire le plein... à la station Irving du coin, à
quelques km de là!
Oh ça commence très fort notre passage à Terre Neuve.
Tu voulais de la "pente"? Eh bah te voilà servi... Anyway,
on verra plsu tard. Vivons dans le report au lendemain, oublions cette
légère contrainte hydrocarburée.
Bon, pour le moment, notre priorité
est surtout d'aller se ballader du côté du parc national
du Gros Morne, haut lieu de Terre Neuve malgré la confidentialité
qu'il a su garder. (anyway, personne ne parle jamais de Terre Neuve :
même les guides n'y consacrent jamais plus de 4 pages à cette
île oubliée. Tant pis, la suprise reste entière!).
Sur recommandation de Shane (et devant les rires de ses comparses quand
on leur a dit qu'on comptait faire du pouce le long de la route), on a
compris qu'une voiture de location nous serait indispensable. Chose incroyable,
TOUTES les agence de location de l'aéroport étaient dévalisées.
Plus un char. Sauf un. Après une courte hésitation, on saute
dessus, et après une signature et un coup de fer à repasser,
au saute dedans. Une Grand AM automatique: ça me rappelle Peterborough...
La pluie commence à tomber.
Comme le plafond, qui doit atteindre un maigre 500ft sol. Une grosse dalle
au ventre nous force à un arrêt technique au PFK. (KFC pour
les maudits Français)
Compensation dérisoire dont je suis spécialiste, on trouve
le pepsi trop cher vu les 150 piasses déjà englouties dans
le char; «No drinks, thanx», et on va cherche la bouteille
d'eau dans la valise arrière. Non mais, ya pas de petites économies,
surtout quand on voyage en coucou.

On reprend la voiture
pour aller jusqu'au parc du Gros Morne. (route verte sur la carte)
Au passage, on embarque un type, un randonneur qui nous faisait pitié
sous la flotte. Pour une fois que ce n'est pas nous sur le bas-côté...
Après 20 minutes de discussion un peu malhabile en anglais, on
finit par passer en Français : c'est un Québéois
de Gaspésie, tout aussi touriste que nous ici. Mais lui, il joue
plutôt dans la catégorie warrior : après un périple
de 1000km en vélo le long du St Laurent (un truc de ouf-guedin
comme dirait Franck, genre Montréal - St Anne des Monts), il a
pris le bateau pour Terre-Neuve. Il s'est en fait inscrit à un
treck off-trail dans le massif du Gros Morne, avec briefing et exercices
préalables obligatoires avec le Ranger du coin, avant qu'il ne
vous confie une balise de détresse. Un truc de gros bras visiblement.
On occupera du coup notre début d'après midi à visionner
le reportage d'information sur cette expédition, et à assister
au test devant le ranger. Instructif!
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Cédez
la priorité
Montagnes, fjords
et brune
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Dehors, le temps est toujours
aussi calamiteux : pluie ininterrompue, et les nuages arrivent presque
à notre hauteur quand on passe les cols. C'est que la route commence
à se valonner sévère, et c'est un univers mistique
(néologisme formé de Mist=brouillard et Tique=annimal que
s'encre fermement en vous, comme ces montagnes gigantesques qui nous surplombent
et rentre dans nos mémoires, avalées pas les nuages qui
ne nous permettent d'entrevoir que de sombres contreforts, et laissent
notre imagination fertile estimer les reliefs monumentaux qui se tapissent
là haut...)
Un improbable café / bric
à brac à Rocky Habor nous sert d'abri pour une partie de
l'après midi. Séance cartes postales. Au passage, j'ai découvert
le secret du tourisme en Bretagne : quand il pleut toute la journée,
on est obligé de s'abriter dans une boutique. Au bout de 3 heures
et 4 cafés, on finit par craquer et acheter une foule de cossins
ou les cartes postales délavées du présentoir. C'est
ça le commerce!
Et puis finalement, malgré
la pluie qui refuse obstinément de s'arrêter, on file au
départ d'une randonnée guidée à la découverte
des orignaux. Cape de pluie et indispensables chapeaux, on retrouve le
groupe, et on suit les explication de la guide qui nous explique avec
passion l'habitat, le mode de vie, mais surtout la façon de chasser
le bestiaux.
Elle passe d'ailleurs les habits typiques du chasseur : vêtements
multicolores, veste de chantier et casquette rose, c'est à dire
tout ce qu'elle peut trouver pour ne PAS passer pour un orignal, et donc
éviter de se retrouver avec du plomb dans le cul au détour
d'une épinette noire. Bon chasseur, mauvais chasseur, ils ont tous
la gachette sensible, et c'est un peu le sport national à Terre
Neuve, qui connaît une très grosse concentration d'orignaux.
Dans la région du Gros Morne, pas moins de 4 bêtes au km²
(bien plus que les habitants!). Avant l'ouverture de la saison de la chasse,
des tirages au sort sont effectués dans les villages, pour savoir
qui aura le droit de tuer un ou plusieurs orignaux. C'est une tradition
extrêmement importante ici, et un enjeu de reconnaissance sociale
très fort.
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Habillés en conséquence
Mais attention aux moustiques,
mouches noires et mouches à chevreuil!
Chasseuse d'orginal, à
droite
Étude de la déforestation
sur l'habitat de l'orignal
VIDEO

Durée 0:02
Taille 1.1Mo
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Pour finir cette journée
de winners, rien ne vaut une soirée tüpisch à Rocky
Harbor!
Les joyeux dirlles qui animent la soirée de leurs blagues de Newfies
auront au moins le mérite de donner le sourire à la salle,
remplie à 80% par les vieux des 50km à la ronde, bien installés
au 1er rang et qui partaient en éclats de rires à chaque
mot de nos gais lurons. Humour très "local" je dois avouer,
où l'expression «New Found Land & Labrador» revenait
au minimum une fois dans chaque phrase.
Encore un grand moment!
Et puis, après un petit
grignottage dans le petit chalet du camping, on va planter la tente, encore
imbibés, sous la pluie qui n'a jamais cessé. Espérons
que le temps soit meilleur demain... ZZZzzzz....
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Et quand le soir arrive,
les paysages deviennent fantomatiques
Un monstre du
Lock Ness sortirait d'ici,
on ne serait pas plus surpris
que de voir un orignal
Soirée en musique...
et en humour!
VIDEO

Durée 0:30
Taille 15.8Mo
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Effectivement le lendemain le
temps se lève.
C'est donc parti pour une visite de Tablelands, une incroyage formation
rocheuse, sorte de tranplantation d'une montagne du Nevada à Terre-Neuve.
(les locaux privilégient la thèse du complot gouvernemental)
Lieux de convergence de tous
les géologues du monde entier, cette espèce d'affleurement
de roches est unique au monde, et d'ailleurs fait partie du patrimoine
mondial de l'Unesco.
D'abord la tête dans les nuages, TableLands se découvre petit
à petit sous nos yeux lors d'une randonnée matinale.
Les paysages alentours sont également splendides, et prennent un
relief exceptionnel à mesure que le temps se lève et que
le soleil perce.
terre-Neuve, ça se mérite.
Il faut aussi être patient.
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Randonnée
matinale
On vient du Texas pour étudier
ces roches.
Nous on vient de Montréal pour se croire au Grand Canyon
Tablelands, improbable décors
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Midi approche, et il est malheureusement
grand temps de revenir à l'aéroport de Deer Lake. Rendre
la voiture, bien sûr, mais aussi gérer le refuel...
Ah tiens, j'avais complètement oublié ça!
Un pot de fraises locales (délicieuses!) dégustées
en route, et on attaque les vrais problèmes.
Il reste encore 1 heure avant de rendre la voiture, et Shane Kelly finit
par nous prêter 2 jerrycans, plus un petit qui ne ferme pas. C'est
parti, direction la station Irvine du coin. La même où 10
minutes plus tôt on refuelait la Pontiac. Heureusement que notre
Cessna peut prendre du MoGAS et pas uniquement de l'AVGAS 100LL, sinon
on pouvait quasiment oublier Terre-Neuve. Bon à savoir pour les
prochains grand voyages autour du monde...
2 allers-retours et un bon paquet
de regards étonnés plus tard, le Cessna est prêt à
repartir. Entonnoir en main, Manuel a réussi à remplir les
2 ailes sans en foutre (trop) à côté. Il fallat bien
3 ingénieurs pour s'en sortir!
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Refuel : un boulot d'ingénieurs
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Bravo.
Oui, bravo : vous avez lu toutes nos conneries jusqu'ici, supporté
les photos dans la grisaille, et prises du sol. Câline, c'est pourtant
une asti d'section aéro, non?
Bon, j'arrête ici la vulgarité québécoise gratuite
pour vous livrer sans plus attendre les photos du survol de tablelands
et du parc national du Gros Morne.
Gardez à l'esprit que l'avion écrase toujours les paysages
; vous pourrez imaginer le relief exceptionnel de cette région,
entre fjords majesteux, hauts plateaux inaccessibles, chutes d'eau infernales
et montagnes sorties de nulle part.
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Terre Neuve, entre montagnes
et océan
On se croirait vraiment au
Nevanda
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Reste le parc du Gros Morne.
Quel contraste avec la veille, au sol, sous la pluie, dasn la brume. Le
soleil est cette fois au rendez-vous, ajoutant à la majesté
des décors.
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Rocky Harbor, sous le soleil
Forêt vierge verticale.
Bonnes pistes pour du vélo de descente, non?
Plateaux du gros Morne, peuplés
de carribous
Les fjords s'enchaînent
le long de la côte
Des lieux mémorables
pour une randonnée
Tout simplement magnifique.
Et vierge.
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Évidemment, le vol continue,
et l'aventure aussi. Mais on quitte le secteur du gros Morne pour partir
à la recherche d'icebergs... alors rendez-vous au prochain chapitre!
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