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Niagara
Falls
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Veni, Vedi, reparti >
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Niagara. Non, pas le
chanteur, les Chutes. Celles que l'on place en général très
approximativement sur la map... oh, pas trop loin de Montréal et
de New-York, au dessus de Chicago quoi. Bah ouais, les grands Lacs quoi!
Bon Montréal-Niagara, en voiture, en comptant les bouchons de la
401 à Toronto, c'est pas loin de 9h00. Aller simple.
En avion, en coupant par le lac, c'est tout de même 2h45. Mais c'est
une étape incontournable, au moins pour un peu mieux placer les
Grands Lacs dans sa tête. Et puis pour dire «J'y étais!».
Ou plutôt, avec un air vaguement détaché: «Niagara?
Oui j'y ai fait un saut hier. Joli survol, bonne visibilité. Je
dois avoir quelques photos pas pires...»
Une fois sur place,
l'affaire se plie en une demie journée : mauvais hamburger dans
un fastfood panoramique, un tour à la douche au milieu des chutes
déguisé en Schtroumpf farceur, 1 carte postale, et le tour
est fait, bouclé en 1 journée voyage compris.
Aller, 3 amis partants,
le FIQX est en l'air à 7h55. Pas pire pour un dimanche matin.
Le pilote, lui, stresse tout de même. Certes c'est un gros vol pour
une journée (6h30), mais la météo annonce CAVOK sur
tout le trajet. pourtant la vraie difficulté ici va être
linguistique. Ce qui le tracasse, c'est de tester grandeur nature ses
capacités en anglais aéronautique, d'un coup, en terrain
inconnu. Ontario, USA, ... j'ai beau avoir bossé tout ça,
ici pas de quartier pour les francophones. Et le passage chez les Yankees?
A partir de combien de «Say again please» ils envoient les
F16? Et puis il faut boucler le voyage avant la nuit...
Et si on peut éviter de décevoir les passagers... : c'est
eux qui partagent tout le coût du vol cette fois. (nécessaire
si je veux à la fois voler et payer mon loyer!)
Aller, la journée
va être chargée, mais c'est comme ça qu'on apprend.
C'est parti.
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Sitôt
quitté St Hubert, la sortie Sud nous emmène directement
le long su St Laurent, pour le remonter jusqu'au lac Ontario. Rien
de plus facile comme navigations, et malgré un léger
vent de face, je choisis de monter à 8500ft pour être
pris en suivi radar par la TML de Montréal sans me soucier
des traffics locaux à basse altitude.
Grisant de se retrouver à si haut, on a l'impression de perdre
contact avec le sol, on se prend pour Gaggarine, à la limite
de l'hyperespace.
Mais au sol le paysage devient magnifique : les 1000 îles s'offrent
à la vue à mesure qu'on se rapproche du lac. Un fourmillement
d'îlots qui donnent envie de piquer un tête. Pas tout
de suite.
Mais le moment fatidique arrive, car on est déjà depuis
un moment en Ontario, surfant avec la frontière États-Unienne.
Par chance, Montréal me renvoie de fréquence en Fréquences,
toujours en Français. Jusqu'à quand? |
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Et puis c'est
Kingston qui nous prend en contrôle. «Roger»,
Everything is under control.
Pas de soucis,
le voyage peut continuer. Ils continuent tous à me passer
des fréquences sorties de nulle part. Ca vaut bien la peine
de préparer sa navigation avec minutie... Paraît-il
que c'est normal : «t'inquiète pas, de toutes façon
ils te les donnent à chaque fois!». OK, mais si je
les avais sur mon log de nav, ça serait plus facile tout
de même!»
On continue. Trenton
et sa base militaire. Pas de trouble. Puis on passe Port Hope, et
Peterborough se dessine à l'intérieur des terres.
Dire que demain il faut y retourner... en voiture, en mission express
pour Pratt & Whitney... Pfff!
Puis cap au 234°
du VOR de Campbellford comme prévu. Trenton me rappelle à
l'ordre : «Trenton military zone is active today, please stay
clear from our restricted area. Aknowledge please». En effet,
ma route rognait de quelques milimètres le coin ouest de
leur zone au dessus du Lac. Je suis leurs directives et prend au
260°, et passe avec la TML de Toronto. On dcouvre l'immense
m égaplopole au fond de la baie. Sacré détour!
A 8500ft, pas besoin de gilets, on peut toujours planer jusqu'au
bord en cas de panne moteur.
Passage de la frontière, en courant d'air. (bon, quand même
annoncé dans mon plan de vol) Et descente sur Niagara. Enfin.
Je commençais à avoir envie de pisser.
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La
Terre prend un peu de relief à mesure qu'on descend.
3500ft pour le circuit touristique. Des points d'entrée à
suivre scrupuleusement : Niagara on the Lake, Reservoir, QEW/420.
Et le circuit touristique s'ouvre à nous. Réputé
saturé de traffic, pas un chat, à par 3 ou 4 hélicos
qui tournent plus bas que nous.
On monitore 122.05MHz, sans rien comprendre au jargon des hélicos
qui marmonnent je ne sais quoi.
En dessous, le spectacle est magnifique. A 3500ft, la majesté
des chutes n'est bzarement pas écrasée comme on pourrait
s'y attendre. ca secoue un peu, et Jean-Romain commence à sentir
son coeur remonter, à force d'avoir l'oeil collé à
l'appareil photo. Mais je le remercie du sacrifice, car les photos
ci-dessous sont de lui! J'étais pour ma part un peu trop concentré
sur le pilotage! |
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Un
second tour pour saisir l'arc-en-ciel et on décide de finalement
se poser. L'aéroport de Ste Catharines côté Canadien
est parfait pour l'exercice. Les gens de l'aéroclub semblaient
très serviables au téléphone, et cela se confirme.
Après un bel atterrissage (pour une fois que je me complimente),
je cherche la station essence, slalom entre un avion et un hélico
prêt à décoller (serrrons les fesses pour que
les ailes passent!), et finalement je m'arrête sur le tarmac.
Un camion-citerne s'approche et nous salue, prêt à nous
faire le plein. Si c'est pas du service!
L'aéroclub nous appelle un taxi, et 30$ plus tard, on est au
belvédère des Chutes, prêts à jouer les
touristes plus "conventionnels". |
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Visite classique des lieux, parmi les hordes de japonais
en furie et les retraités américains bedonnants. Une
ville-champignon de carton-pâte s'est dressée ici comme
un légo de lendemain de Noël. Avoir un King-Kong sur
le toit, un super-héros géant, un casino grand-luxe,
un mini-golf ultra-violet, et de la pizza-frites à volonté,
c'est le bonheur local. Les chutes sont un prétexte. Au royaume
du "fun". les idoles sont multicolores et sentent le graillon.
«Des sous, pour la paroisse...»
Un ticket pour
l'incontournable bateau. Une vue magnifique. Une douche très
"people". Et puis là, au beau milieu des chutes,
c'est le drame :
«MON PLAN
DE VOL! J'AI PAS CLOTURÉ MON PLAN DE VOL!!!!!!»
Panique. Stress. Les autorités canadiennes et peut-être
américaines qui doivent avoir déjà déclenché
le processus de recherche... la note va être salée...
Et moi qui suis là comme un con en pancho imperméable
bleu parmi des milliers de congénères pour qui un
plan de vol a moins d'importance qu'un bon hamburger...
Retour anxieux
au ponton. Vite, trouver un téléphone. 1-866-GOMETEO,
le téléphone de la FSS. Clôture automatisée
du plan de vol; parfait. Au moins je ne me ferais pas engueuler
ni sermoner. Puis coup de fil à Philippe, le chef pilote
: «c'est bon, t'as pas eu de coup de fil de la FSS? Non?»
Ouf, soulagé. Ils ont dû contacter Ste Catharines qui
leur a confirmé que je m'étais bien posé.
La journée peut reprendre son cours.
Visite de la ville. Enfin plutôt retour au centre d'attraction
protéino-lipidique, au terme d'une jolie promenade le long
des chutes, toujours côté Canadien.
Le hasard nous met à bord d'un taxi bulgare. Le chauffeur
se confie non sans émotion à Antoanetta et Lora, en
Bulgare évidemment. Il est tellement heureux de trouver des
compatriotes pour le comprendre! Jean-Romain pour sa part décode
la langue avec succès, et arrivé à l'aéroport,
il est quasiment bilingue.
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On se prépare
à redécoller. Boissons fraîches, quelques conseils
avisés des "locaux", dépot de plan de vol, météo,
NOTAMs, et tous mes encouragements à une charmante élève
pilote qui s'apprête à passer ce jour même son test
en vol. bah quoi, un peu de courtoise de fait point de mal... ;)
On redécolle
un peu avant 17h00. Code transpondeur, identificaton radar. On peut passer
la frontière, on est sous contrôle de Buffalo.
On longe la côte Sud du lac Ontario cette fois, côté
États-Uniens. Contrôle assez coulant de Buffalo puis de Rochester.
Ces derniers nous marmonnent quelque chose, une fin de phrase machouillée
indéchiffrable. Après un très poli «Excuse
me Sir, but I really don't understand the end of your sentence»
lors de sa troisième tentative, le controleur se tait définitivement
et nous laisse la paix. C'est tout ce que je demandais au fond...
On aperçoit quelques
tentants petits cumulus non soudés vers 7500ft, mais les mots du
contrôleur étaient bien pesés et il devinait déjà
mon intention : «OK, you're cleared to climb to 6500ft, and stay
VFR». message compris, je les laisse filer. Tant pis.
On remonte le lac en
coupant plus largement à mesure que l'on monte et que l'on gagne
en sécurité de plané. Un magnifique soleil descend
sur l'horizon, reflété par les eaux du Lac, dont les ondes
possèdent cet aspect fractal surprenant qui keur fait complètement
changer d'aspect en fonction de l'altitude.
Puis les 1000 îles
apparaissent, et le St laurent nous tire lentement vers le Québec.
8500ft, tout est calme. Pas une turbulence. On a une bonne réserve
de pétrole, le vent dans le dos. Kingston nous contrôle du
coin de l'oeil, gentiment. Un petit réglage de l'ADF, tâtonnenent
au mélangeur de fréquence, et la relaxation peut commencer
: on a la musique dans le casque (Grandes Ondes), un spectacle de toute
beauté sous les yeux, aucun traffic annoncé ni en visuel.
Le gros du voyage est fait.
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Et puis la TML
de Montréal finit par nous accueillir de nouveau au doux
accents de la Nouvelle France.
Descente vers 3500ft, et demande aimable de ma part pour un survol
de Montréal le long de la 40.
«FIQX, autorisé survol 2000ft, si vous êtes familiers,
rappellez Pont des Loutres». Aucune idée d'où
se trouve ce sacré pont, mais un peu de bluff et je les recontacte
au 1er pont que je rencontre pour arriver sur l'Ile. 119.9MHz, tour
de Dorval. Transit approuvé, à 2 pas des pistes! Comme
quoi il suffit de demander.
Soleil couchant mais pas trop rasant, c'est à ce jour mon
plus beau survol de Montréal. Somptueux, et surtout inhabituel!
Un feu d'artifice
de couleurs rougeoyantes sur la ville, le Mont royal, le Stade,
le Fleuve.
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Et puis atterrissage
à St Hubert, retour au bercail. 6h30 de vol au total, survol
des chutes compris. Un long voyage, qui pourtant est passé
pour moi bien plus vite que prévu. Plus que quelques papiers
à remplir et on est quitte pour un dimanche hors du temps,
hors de l'espace.
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Un sacré
beau voyage, et un grand pas pour le pilote. De beaux défis
relevés sans encombres, qui ouvrent des horizons nouveaux.
De nouvelles province; un continent entier. Et même le monde
entier, de Terre-Neuve aux Bahamas, de Jersey à Dubrovnik.
Et au delà.
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